Pique d’humour d’un paroissien confiné

Chers vous tous,
Comme c’est aujourd’hui un jour férié (cela ne se remarque pas mais c’est cependant la réalité) j’anticipe quelque peu ma chronique hebdomadaire..
J’espère que vous avez passé le mieux possible ces fêtes de Pâques qui resteront dans l’histoire!
Plutôt que d’essayer de commenter l’actualité, ce que tous les médias font mieux que moi à longueur de journée, je voudrais vous entretenir d’un sujet qui m’interpelle, à savoir l’évolution de notre belle langue.

Depuis le « Serment de Strasbourg », la « Cantilène de Sainte Eulalie » et la « Chanson de Roland », premiers textes connus en français archaïque, la langue n’a cessé  d’évoluer. L’orthographe, la grammaire et le sens des mots ont connu des glissements et des ajustements  qui ont pris des siècles pour se concrétiser. (Sans remonter au Moyen-Age,il suffit de comparer le Littré du XIXe siècle et le Robert actuel pour se rendre compte de cette évolution lente mais permanente).

Ce phénomène, propre à toutes les langues, semble avoir connu une prodigieuse accélération depuis l’irruption dans notre quotidien de ce fameux virus « chinois » (pour reprendre les termes de Monsieur Trump).

Je ne prendrai ici que trois exemples parmi les mots les plus utilisés actuellement:

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—1) Premier exemple: le mot «  PIC »:
D’après le sens généralement admis, ce terme désigne, en géographie un sommet pointu, aux versants abrupts, visible de loin, comme, par exemple, le « Pic du Midi de Bigorre » qui domine fièrement le col du Tourmalet que tout cyclotouriste digne de ce nom se doit d’avoir escaladé au moins  une fois dans sa vie.
Or, actuellement, à chaque émission vespérale d’information, d’éminentes sommités font allusion sans cesse à ce « pic » (qui, telle l’inaccessible étoile chère à Jacques Brel semble toujours devoir être atteint le lendemain) , en montrant une courbe statistique aussi plate qu’un polder du Plat Pays (qui est le mien).
Donc, voila un premier exemple d’inversion ultra-rapide de sens  d’un mot.

—2) Deuxième exemple, encore plus frappant: le mot « CONFINEMENT » et ses dérivés:
Pour le Robert et le Larousse, le «  confinement » ou son synonyme la « quarantaine »  consiste à séparer temporairement ( 40 jours maximum comme son nom l’indique)  pour des raisons sanitaires,  une personne malade de son entourage.
Aujourd’hui, le » confinement », imposé par les autorités,  signifie  par contre l’isolement de  l’ensemble d’une  population saine pour une durée éventuellement infinie.

L’adjectif dérivé, »confiné » s’applique à des espaces clos, à l’atmosphère de qualité médiocre où il est déconseillé de séjourner trop longtemps.
Or, actuellement, cet adjectif, à connotation nettement péjorative, est paré de toutes les vertus thérapeutiques et les mêmes experts nous expliquent à longueur de journée que « hors de confiné point de salut ».

Enfin, le néologisme « déconfinement » (mot ignoré des dictionnaires précités, j’ai vérifié) devrait, en toute logique, vu son étymologie, signifier « retour sans problème à une vie normale et  en pleine santé d’un individu en voie de guérison ».
Mais, ce mot  » déconfinement «,  actuellement cité abondamment, signifierait plutôt « période transitoire pleine d’embûches où un groupe d’individus en bonne santé risque, sauf précautions extraordinaires, de tomber gravement malade ».
L’imbroglio autour de ce terme semble d’ailleurs tellement inextricable qu’une « Commission de Déconfinement » vient d’être créée.
(A titre personnel je me demande d’ailleurs comment il est possible de trouver des experts pour débattre d’ un mot qui n’existe dans aucun dictionnaire sérieux…)

—3)Troisième exemple, et c’est encore plus complexe, le cas du mot  » COVID  » mériterait une étude détaillée.
Pour certains, ce mot, totalement ignoré de tous les ouvrages de référence même les plus récents, serait d’origine chinoise, mais,d’ après l’avis pertinent des sinologues les plus éminents récemment consultés, cette explication doit être abandonnée.
Par contre la similitude  entre l’adverbe « vite » et le mot « covid »semble fournir une piste intéressante.
Le mot « vite », employé en moyenne par chacun d’entre nous 50 fois par jour conditionne tout notre mode de vie et est à la base base de notre système économique.
La recherche d’un gain de quelques microsecondes dans les transactions interbancaires, pouvant engranger des millions de dollars de gain ou l’installation de la 5 G en sont des exemples frappants.
Le mot « covid » serait donc formé sur la racine de « vite » à laquelle le préfixe « co »( mot dérivé du wallon, signifiant « encore » ) serait associé. La perte du « e » muet final et la substitution du »d » au « t »ne seraient dues qu’à une erreur de transcription.
Donc, le mot « covid » voudrait dire « encore plus vite ».
Cependant, les dernières semaines nous montrent que, contrairement à toute attente, l’irruption de ce mot dans le vocabulaire courant semble avoir un effet ralentisseur sur l’ensemble de l’activité mondiale et que, par un glissement de sens inexpliqué il aurait plutôt une signification de «  lenteur ».
L’Académie Française (par vidéo-conférence) s’est saisie du problème, mais son avis éclairé n’est pas attendu, dans le meilleur des cas, avant 50 ans, si bien que l’ambiguïté demeure.
Remarquons, pour terminer, que la phrase « Va vite me chercher un anti-covid à la pharmacie » n’a strictement aucun sens, quelle que soit l’interprétation donnée à ce terme.

Dans un tout autre domaine, je ne peux que déplorer le manque de rigueur des autorités dans la gestion de la crise actuelle.
Je prends un exemple frappant:

L’article 26 du Règlement Communal stipule que:
« Le port du masque en rue et dans les espaces publics,  hors de période de Carnaval strictement définie, est formellement interdit en tous temps..Les contrevenants s’exposent à des peines d’amende doublées en cas de récidive et à la confiscation des masques et autres accessoires ».

Un article 26 bis, adopté en urgence il y a 2 jours annule le précédent et est rédigé comme suit:
« Le port du masque en rue et dans les espaces publics  est obligatoire en tous temps sous peine d’amende et les Carnavals sont interdits.Les contrevenants s’exposent à des peines d’amende assorties, en cas de récidive, à des peines de travaux d’intérêt général ».

Comment voulez-vous que le citoyen lamba s’y retrouve encore???

Bonne soirée et bon courage,
Emile.

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