Je dînerai ce soir chez toi !

« Zachée, je dînerai ce soir chez toi ! »

Mercredi 18 mars 2020

(Maurice Bellet, La nuit de Zachée) – « Zachée, je dînerai ce soir chez toi. » […] « Ô Zachée ! N’oublie pas ! »

Soudain, l’autorité inconsciente des habitudes est lézardée.

Tout repenser. Tout réorganiser. Ne plus voir les autres. Apprendre à les entendre, à les écouter. Les voir virtuellement.

Pire : « Ite, missa est ! »

Seigneur, pourquoi m’as-tu abandonné ? « Ma » semaine sainte lessivée avec ces masques insupportables ! Le dernier repas partagé avec tes amis… sans saveur ! Ton chemin de croix déserté même à Rome ! Et la Veillée pascale, si lumineuse, si joyeuse, si festive … et le Jour de Pâques ponctué par cette table aux multiples convives… tout ça VIRÉ !

Et pourtant !

La traversée de ce désert inattendu nous a offert de nombreux rendez-vous !

S’imprégner tranquillement des textes liturgiques et peut-être les découvrir, les savourer enfin. Lire, relire des publications ou œuvres qui font du bien, écouter une musique oubliée, cuisiner à nouveau ce plat jadis tant apprécié que nos activités incontrôlables avaient jeté à la poubelle des oublis.

Pour celles et ceux qui détenaient ce trésor : que dire de tous les moments partagés avec les enfants !

Comprendre enfin que le « temps perdu » n’est pas celui que nous pensions ! Perdre son temps, c’est se retrouver, remettre chaque chose à sa place. « Je n’ai pas le temps » deviendra peut-être l’exception. J’ai médité bien souvent, avec l’aide de Marie Noël (Notes intimes) : « Soyez parfaits comme le Père est parfait » (Mt 5,48) « Être parfait comme le Père, de plus en plus riche de sa richesse, de sa sagesse, de sa justice, de son amour, de sa joie, retrancher de soi tout ce qui s’oppose à cette joie, à cet amour, à cette justice, à cette sagesse, ceci peut aller haut dans la quête ardue du Royaume. »

Et enfin, cette longue attente, parfois trop impatiente, « du bonheur de la communion sacramentelle » apaisée par le Souffle de l’Esprit qui nous enflamme même enfermés dans notre chambre haute.

Alléluia !  lundi 8 juin 2020

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! » (Ps 122)

Retrouver le chemin de Saint-Pierre, Saint-Marc et N-D de la Consolation le week-end où nous célébrons la Fête du Corps et du Sang du Christ ! L’Esprit vient nous cueillir dans notre chambre haute pour nous conduire au plus beau des banquets !

Prenons le temps de flâner le long du chemin qui nous y conduit ! Et si ce chemin était un « nouveau » chemin qui nous éloigne de nos habitudes, de nos certitudes ? Ramassons au passage tous nos détritus d’hier et jetons-les ! Laissons ce sentier caillouteux, herbeux ici, boueux là. Ne le bétonnons pas, plus…

Tout en marchant, puissions-nous crier de joie comme les disciples d’Emmaüs :
« Notre cœur n’est-il pas tout brûlant au-dedans de nous ? » (Lc 24, 32)

Jean LAURENT

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