Par Lui, avec Lui, en Lui ….

La fête du Saint-Sacrement

La fête du Saint-Sacrement, autrefois appelée la fête Dieu, était très répandue dans les campagnes et donnait lieu à des processions durant lesquelles le prêtre, abrité sous un dais, bénissait tout sur son passage : gens, rues, habitations, champs. Historiquement, jusqu’au 13e siècle, il n’y eut pas de dévotion particulière au Saint-Sacrement. Mais c’est grâce à sainte Julienne de Cornillon vers 1210 du diocèse de Liège que cette dévotion devint populaire.

Autant elle eut, de suite, beaucoup de succès auprès des fidèles, autant elle eut du mal à s’imposer auprès des intellectuels comme les théologiens. Cette fête fut couronnée par le concile de Trente (1545-1563) au 16e siècle qui l’approuva officiellement car elle constitue une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans le saint sacrement.

A la dernière cène, Jésus va se donner lui-même en nourriture. Le verbe grec qu’on traduit en français par manger signifie littéralement mâcher, croquer. Ce réalisme du vocabulaire va choquer les juifs opposés à Jésus. « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » Et Jésus ne corrige pas leur interprétation, au contraire, il la renforce en disant : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, vous n’avez pas la vie en vous ».


La chair et le sang ne sont pas à prendre ici dans leur sens physiologique, la chair du Christ, c’est tout son être humano-divin ; son sang c’est ce même être offert en sacrifice sur la croix. Il ne s’agit pas, d’hémoglobine au sens physique du mot, comme faisaient les guerriers cannibales pour s’approprier la force de leurs victimes. L’essentiel est invisible pour les yeux, la vraie réalité est d’ordre spirituel, on ne la voit bien qu’avec la foi.

Par l’eucharistie, la vie de Dieu ne s’adresse pas qu’à notre âme, mais aussi à notre corps. Si la plupart des auditeurs de Jésus furent sceptiques, beaucoup d’hommes le sont encore, aujourd’hui, même parmi ceux qui se disent chrétiens. L’eucharistie est et restera toujours un grand mystère, qui résume tous les autres mystères de notre foi chrétienne. Ce mystère, l’Eglise, le célèbre tous les jours et spécialement le dimanche.

L’eucharistie est cette nourriture spirituelle qui nous permet, pendant la longue marche de notre vie, de garder le cap sur Dieu. Durant notre pèlerinage sur la terre, Dieu ne se découvre pas à nous dans toute sa clarté et même ne se découvre que graduellement. Il nous fait connaître notre pauvreté devant sa grandeur et sa majesté. Non pas la pauvreté négative c’est à dire l’absence de tout, le vide, mais la pauvreté positive, la découverte que, sans Dieu, nous sommes bien peu de choses et que Lui seul peut combler l’abîme de nos cœurs, étancher notre soif de bonheur.

Malheureusement pendant une bonne partie de notre vie, surtout lorsque tout va bien, nous pouvons croire qu’il nous est possible de nous débrouiller sans Dieu. Dieu veut nous faire sentir la faim, creuser en nous la faim des réalités spirituelles car l’homme ne vit pas seulement de pain matériel.

Abbé François

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