Reprise des partages de la Parole

L’abbé Robert nous communique l’avis suivant :

Reprise des partages de la Parole le jeudi de 18 à 19h.

Nous nous retrouvons autour des textes bibliques du dimanche suivant, et les faisons vibrer en rapport avec nos vies. Pour garder nos distances, nous nous retrouvons à la chapelle de l’église Saint-Pierre, entrée par l’arrière.
Bienvenue à tous, particulièrement aux lecteurs dans notre Unité pastorale.

Jusqu’à leur interruption par les mesures sanitaires j’ai très souvent participé aux partages de la Parole du jeudi. Maintenant qu’ils reprennent, je voudrais vous partager ces quelques réflexions sur cette expérience.

Partager la Parole ?

Vraiment partager, échanger son ressenti très personnel de la Parole, peut paraître osé ou incongru. Nous vivons encore avec cette idée que la Parole doit être :
1 – lue et proclamée, monolithique et intégrale, parce qu’elle est transmise par l’Ecriture « Amen, je vous le dis : (…) pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi (…) »,
2 – enseignée car c’est là la mission du chrétien « Allez enseignez toutes les nations … ».

Tout cela est peut-être vrai ; mais avant cela la Parole ne doit-elle pas être lue, entendue, comprise, partagée, mangée ? Ne devons-nous pas la faire, avant tout et très personnellement, nôtre ? A la manière des disciples d’Emmaüs, ne sommes-nous pas invités à revisiter l’Ecriture, la partager entre nous dans l’écoute de ce qu’exprime le cœur de ceux qui marchent avec nous ; l’aimer au point que nous puissions croire que nous l’avons comprise ? Alors seulement nous pourrons inviter le Christ à notre table où il bénit le pain, nous l’offre en nourriture.

Ces partages de la Parole du jeudi soir se font dans la plus grande simplicité. Les extraits de l’Ecriture du dimanche à venir sont lus, ressentis et partagés. Chaque parole sur la Parole est écoutée et respectée, et aucune n’est exclue. Chacun repart ensuite, riche d’avoir pu clarifier son ressenti en l’exprimant ; riche des visions parfois fort différentes de ceux qui L’ont partagée. Et la Parole travaillera en chacun jusqu’à ce qu’il la réécoute dans assemblée trois jours plus tard.

Cet exercice est ouvert à tous ; mais se révèle aussi essentiel à ceux qui reçoive la mission de proclamer la Parole devant la communauté assemblée. Comment proclamer quelque chose dont on ignore tout, une Parole dont on ne connaît pas la phrase suivante ni le sens global avant de monter à l’ambon. Proclamer la Parole n’est pas un droit ni un honneur ni un privilège ; c’est une mission dont on reçoit la charge au nom de toute la communauté pour que tous entendent et comprennent.

Voila ce que j’ai retiré de cette expérience de partage simple, fraternel, et en dehors de tout jugement.

Alexandre Goffin

Le 30 septembre dernier, le pape François célébrait le seizième centenaire de la mort de saint Jérôme (mort en 420). Saint Jérôme est le premier traducteur de la bible en latin à partir des textes grecs et hébreux. Sa traduction fut utilisée jusqu’au 20ème siècle : « La Vulgate ». A cette occasion le pape a publié une lettre apostolique « Scripturae Sacrae affectus » dont je voudrais reprendre ici les quelques mots de la fin :

« Comment ne pas entendre, aujourd’hui, ce à quoi Jérôme incitait incessamment ses contemporains :
« Lis souvent les Divines Écritures ; ou plutôt, que tes mains ne déposent jamais le livre saint » !
Un exemple lumineux est la Vierge Marie, évoquée par Jérôme, surtout dans sa maternité virginale ; mais aussi dans son attitude de lectrice orante de l’Écriture. Marie méditait dans son cœur (cf. Lc 2, 19.51) « parce qu’elle était sainte et avait lu les Saintes Écritures, elle connaissait les prophètes et se rappelait ce que l’ange Gabriel lui avait annoncé et ce qui avait été prédit par les prophètes […], elle voyait le nouveau-né qui était son enfant, son fils unique qui était couché et pleurait dans cette crèche, mais celui qu’elle voyait vraiment couché était le Fils de Dieu, ce qu’elle voyait elle le comparait avec ce qu’elle avait lu et entendu ».
Confions-nous à elle, qui, mieux que tout autre, peut nous enseigner comment lire, méditer, prier et contempler Dieu qui se fait présent dans notre vie sans jamais se lasser. »

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Une réflexion sur “Reprise des partages de la Parole

  • 9 octobre 2020 à 12:26
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    Merci, Alex.
    Je te rejoins. « Manger, mastiquer » la Parole, le Verbe qui a fini par se FAIRE CHAIR, banquet servi à volonté pour qui OSE dire OUI.

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