Il est venu, Il vient, Il reviendra !

Nous retrouvons l’évangile selon Saint Marc en cette année B.

Le premier évangile écrit, le plus court, celui où Jésus paraît le plus rude, loin de clichés à l’eau de rose, celui qui invite le lecteur à sans cesse se remettre en question, à se laisser surprendre, à se mettre dans l’état d’esprit du chercheur. Si vous dites, comme les esprits mauvais : « Je sais qui tu es, le Saint de Dieu » (1 :24), Jésus nous imposera le silence comme à eux : « tais-toi » (1 :25). Les apôtres eux-mêmes ne cesseront d’être surpris par ce « Fils de l’Homme ». Et nous sommes invités à nous identifier à eux, à qui Jésus dit : « Ne saisissez-vous pas encore et ne comprenez-vous pas ? Votre cœur est-il aveuglé ? (8 :17).

Jusqu’aux Saintes femmes au tombeau vide, ayant entendu le message du jeune homme vêtu d’une robe blanche, le silence s’impose face au mystère de Jésus : « Elles ne dirent rien à personne parce qu’elles avaient peur » (16 :8). Cet évangile nous impose le silence sur Jésus et en même temps il ne cesse de nous inviter à le chercher, et nous surprend même en mettant sur la bouche d’un païen, centurion romain, la profession de foi qu’aucun apôtre n’avait prononcé : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » (15 :39), alors qu’à Césarée, Pierre n’avait dit que « Tu es le Christ » (8 :29).

Cet évangile se prête bien à l’annonce du temps de l’Avent : Il se présente dès l’entrée comme le « commencement de l’évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu, selon ce qui est écrit dans le prophète Isaïe… » (1 :1), bonne nouvelle qui concerne Jésus, Christ, Fils de Dieu, en lien avec les promesses de l’Ancien Testament : IL EST VENU !

Mais c’est bien plus qu’une biographie, le récit nous le rend contemporain dans notre recherche du Christ ressuscité au cœur du peuple croyant : IL VIENT !

Et il nous ouvre au mystère de Dieu, au projet de Dieu sur l’homme, aux fins dernières, à l’espérance : IL VIENDRA DANS LA GLOIRE !

Marc ne nous livre pas d’évangile de l’enfance de Jésus. D’emblée après son titre, il nous parle de Jean le baptiste comme la réalisation de la prophétie d’Isaïe, du baptême de Jésus sur lequel descend l’Esprit et qui entend (lui seul) une voix venant des cieux lui dire « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve toute ma joie » (1 :11) et de son envoi au désert par l’Esprit où il est tenté.

En cette année où vraisemblablement nous vivrons un noël en mode « mineur », Marc nous y aide, en ne nous menant pas à la crèche, mais à la recherche intérieure du Seigneur !

Le passage de ce premier dimanche de l’Avent nous y ouvre, à cette recherche de Dieu en Jésus : « Prenez garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment » (13 :33). Sans doute intentionnellement, il évoque certains moments de la passion : « le soir (Gethsémané), ou à minuit (arrestation de Jésus), au chant du coq (reniement de Pierre) ou le matin (Jésus devant Pilate) » (13 :35). On est loin de la crèche !

Une lecture lente de l’évangile selon Saint-Marc en entier, lecture ouverte aux imprévus du récit, à l’étonnement, ne devrait pas prendre plus de deux heures. Une bonne occasion pour vivre spirituellement ce temps de l’Avent et de la nativité ! Peut-être en famille, en veillée ?

Abbé Robert.

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