L’ Avent-ure

parole11Homélie du 1er dimanche de l’Avent (Lc 21, 25-28.34-36)

« Jésus parlait à ses disciples de sa venue ». Voilà pourquoi cet Evangile a été choisi par l’Eglise pour inaugurer ce temps de l’Avent parce qu’il parle de la venue de Jésus. Ce qui peut étonner, c’est que l’Evangile ne parle pas de la naissance de Jésus, de sa venue passée (ce qui serait logique puisqu’on se prépare à fêter Noël, la naissance de Jésus il y a un peu plus de 2000 ans).

Tout le contexte apocalyptique de l’Evangile montre bien que Jésus ne parle pas de sa naissance à Noël, de sa venue passée, mais bien de sa venue à venir, les verbes sont au futur. L’Avent est un mot qui vient du latin « adventus » qui signifie « avènement », « venue » dans le futur. C’est pour cela que le mot « avent » s’écrit avec un « e » et pas un « a ». Cette distinction est importante ! Elle dit quelque chose d’essentiel de notre foi. L’Avent, c’est bien plus que la période « avant » Noël, la période qui précède Noël. L’Avent fête la venue de Jésus dans notre monde, mais pas seulement il y a 2000 ans, mais également aujourd’hui et à la fin des temps !

« Si je vous dis que l’Avent c’est la période où on se prépare à la venue de Jésus et si on connaît déjà Jésus, cela veut dire qu’on n’attend rien, qu’il n’y a pas de surprise. C’est un peu comme ces cadeaux dont vous connaissez déjà le contenu, alors vous faites semblant de vous réjouir : « Oh la belle surprise ! ». Je vous souhaite autre chose que cela pour l’Avent. Le cadeau de Noël, c’est bien Jésus, mais pas le Jésus passé !
« Parce que l’Avent, c’est la période pendant laquelle nous attendons ou nous essayons de nous préparer à l’arrivée de Jésus comme étant quelqu’un de nouveau, qui est inattendu ! Donc l’Avent, c’est l’imprévu. L’Avent, c’est l’aventure. Même mot, même sens, même racine.
Nous n’aimons pas beaucoup l’aventure, nous ne l’aimons pas beaucoup dans notre vie spirituelle. Nous disons que nous l’aimons, mais nous avons la peur de l’inconnu, la peur de ce qui surgit. L’Avent est ce temps où nous essayons de nous tenir prêt à l’inattendu de Dieu dans notre vie, dans la vie des autres et dans la vie du monde » (Fr. Yves Combeau). Pourquoi pas profiter de l’Avent pour être un peu plus aventureux dans sa vie spirituelle, prendre des risques, prier un peu plus, être ouvert à l’imprévu, … ? Est-ce que vous aimez l’aventure ? Si oui, allez-y, n’ayez pas peur !

Restons éveillés et prions en tout temps. Réveillons notre attente, redressons-nous, relevons la tête, tenons-nous sur nos gardes, non pas de crainte des attentats, mais de crainte que notre cœur ne s’alourdisse dans les soucis de la vie (chômage, problèmes de couples, addiction à l’alcool ou autres addictions). Le langage apocalyptique utilise des images de catastrophe cosmique pour dire non pas la fin du monde mais la fin d’un monde. Et plus encore ! Non pas la fin d’un monde extérieur à nous mais pour dire la fin d’un monde en nous et la naissance d’un monde nouveau en nous ! Cela nous concerne ! C’est une bonne nouvelle pour nous ! C’est de nous que parle la parole de Dieu, non pas de la science, non pas du climat et de la Cop 21 (Conference of Parties), même si cela est important également. Ce monde nouveau en nous est possible dans la mesure où nous accueillons Jésus qui vient en nous !

Abbé Guy Van Den Eeckhaut

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