Homélie pour le 7e Dimanche de Pâques

Depuis la fête de l’Ascension, la liturgie de l’Eglise nous invite à vivre dans une attitude d’attente. Mais savoir espérer n’est pas une attitude naturelle pour l’homme et encore moins pour l’homme d’aujourd’hui habitué à avoir tout, tout de suite. Le travail… tout de suite ! l’argent … tout de suite ! les loisirs … tout de suite ! Et nous éduquons nos enfants de la même manière.

La liturgie de la parole de ce jour nous montre l’attitude des disciples qui, après la montée de leur maître vers le ciel, se retrouvent tous ensemble : le jour du sabbat (le dimanche pour nous chrétiens), c’est-à-dire le jour créé par le Seigneur, après avoir achevé l’œuvre de la création, un jour destiné à la contemplation de la beauté de tout ce que Dieu réalise pour nous. Il ne s’agit pas d’un jour pour flâner, comme si le fait de se reposer consistait à ne rien faire. Au contraire, il s’agit d’un jour au cours duquel tous les hommes devraient chanter la bonté et la beauté de l’œuvre de Dieu pour nous. Mais cela nous est aussi très difficile à vivre et à comprendre, nous qui sommes plus enclins à nous plaindre et à réclamer justice quand nos maris et nos femmes ne font pas ce que nous voulons, quand nos enfants font tout leur possible pour ne pas nous obéir.

Voici l’importance de l’assemblée chrétienne : c’est en elle que disparaissent les différences, c’est en elles que nous devenons ensemble le peuple de Dieu sur lequel Jésus-Christ révèle le nom du Père. Et la vie éternelle, c’es qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.

Mais soyons clairs, la connaissance dont il s’agit ne doit pas se réduire à la science ou à la culture, parce que ce sens est très loin de celui qui est donné par l’ensemble de l’Ecriture. La connaissance dont il est question est celle de l’intimité de l’époux avec son épouse, cette intimité qui construit le couple et qui rend fécond l’amour entre les conjoints. C’est seulement dans un tel amour que la vie se donne, non seulement par la naissance des enfants mais surtout, dans la réalisation totale de l’homme et de la femme.

Puissions nous avoir une relation pareille avec Dieu notre Père, dont l’amour ne veut que nous rendre libres et heureux. Et pour que cela soit possible, Dieu nous choisit, il nous prend du monde, il nous en arrache afin que nous expérimentions la liberté d’aimer sans conditions ni retour et que nous gardions sa parole.

C’est dans une telle attitude de confiance et d’espérance que nous pourrons accueillir l’Esprit Saint que Jésus nous envoie. Il viendra certainement  sous peu de jours, mais si notre cœur est plein de nous mêmes, de suffisance, de mépris pour les autres, de mécontentement vis-à-vis de notre vie, cet Esprit continuera sa route sans s’arrêter sur notre unité pastorale, sur nos familles et sur chacun de nous. Ce serait comme mettre de la pommade sur une jambe en bois !

Faisons donc de la place à l’Esprit Saint, qu’il nous trouve désireux de sa venue, qu’il comble notre attente, qu’il nous fasse le don de l’unité, du pardon et de la réconciliation pour que le monde reconnaisse que nous appartenons au Christ, que la mort a été vaincue, que nos faiblesses ne nous rendent pas impuissants, que nous vivons dans la joie et que nous proclamons la bonté et la beauté de l’œuvre de Dieu. N’ayons jamais honte de vivre et d’être chrétiens !

 

Abbé Alejandro ESCALANTE E.

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