Le sacrement de réconciliation, « Quésaco ? »

Nous avons récemment entendu notre Abbé François nous dire dans son homélie du premier dimanche de l’avent que, comme Jean Le Baptiste le recommandait, il est bon pour se préparer à Noël, de se confesser, de s’avancer vers le sacrement de réconciliation.  Ce sacrement, est primordial pour tout chrétien, et ceci pour 2 raisons :

  1. La fête de Noël, c’est la fête de l’incarnation du Verbe de Dieu en Jésus. C’est le Verbe fait chair. De quelle chair s’agit-il ? Il s’agit bien là de notre chair, de notre humanité.  Par ce mystère de l’incarnation en Jésus, Dieu désire nous révéler ce que c’est que d’être homme et femme en plénitude. Et donc notre chair est un chemin de salut à l’image de ce que Jésus nous révèle.  J’entends souvent dire que Jésus n’était pas pleinement homme car il n’avait pas péché. Le péché ne nous rend pas plus humain, il nous rend moins humain.  Jésus était pleinement homme justement parce qu’il n’avait pas péché ;
  2. La démarche pénitentielle consiste à se présenter devant le Seigneur en se dévoilant, en disant ce que je suis en conscience et en vérité avec mes faiblesses, mes pauvretés et mon besoin de salut. Le risque que court l’Eglise, et en elle chacun de nous, par la diminution du sens de la pénitence, et par conséquent du pardon, c’est de perdre le sens de la gratuité du salut et de la Grâce de Dieu qui pardonne. Il ne reste plus alors que la recherche de ce qui est juste entre les hommes et l’Evangile devient une sorte d’outil servant à cette évaluation.  Que voudra encore dire : « Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs, non pas pour les biens portants mais pour les malades. »

Alors comment faire ?
Le sacrement de réconciliation doit être vécu avec joie et sérénité. La réconciliation sacramentelle nous introduit dans les trois dimensions de la confession : confession de louange, confession de vie, confession de foi.

1) Confession de louange :
Commencer par confesser au Père le concret de ce qu’il a fait en, avec et par vous. Il s’agit d’exprimer une ou deux choses concrètes dont nous sentons intérieurement que nous devons vraiment remercier le Seigneur.

2) Confession de vie :
L’intention n’est pas de dresser une liste de péchés mais plutôt de poser la question fondamentale : « Depuis ma dernière confession, que voudrais-je qui ne soit pas arrivé dans ma vie en général ?  Que voudrais-je ne pas avoir fait ?  Qu’est-ce qui me dérange, qu’est-ce qui me pèse ? »
Comme par exemple : « Seigneur, je ressens en moi des antipathies qui me semblent insurmontables… je développe des mauvaises humeurs, j’ai tendance à avoir des paroles médisantes, à avoir des envies de petites vengeances… et je voudrais être guéri par toi … »
Cette démarche nous permet de mieux cerner qui nous sommes avec nos facettes parfois cachées de notre personnalité, avec la réalité de nos péchés souvent mal identifiés, et que les autres connaissent et voient mieux que nous.
Tous ces sentiments, ces tensions, ces amertumes, nous pouvons les déposer devant le Seigneur en disant :
« Regarde Seigneur, je suis pécheur. Toi seul peux me sauver. Toi seul peux me débarrasser de mes péchés »

3) La Confession de foi :
La confession ne revient pas à simplement déposer ses péchés comme on dépose un sac.  La confession revient à déposer notre cœur dans le cœur du Christ pour qu’il le transforme par sa puissance d’amour et de miséricorde.
Notre intention doit être associée à un acte de foi : je crois que c’est l’Esprit dans la miséricorde de Dieu qui peut me sauver et me purifier.
La confession de foi c’est dire : « Seigneur je sais que je suis fragile, que je suis faible, que je tombe souvent mais Toi dans ta miséricorde, soigne ma fragilité, protège ma faiblesse, fais- moi voir quelles sont les résolutions que je dois prendre pour signifier ma bonne volonté de te plaire. »
 Il s’agit ici d’un acte personnel : « Père j’ai compris que ce que j’ai fait m’écarte de toi et ne me permet pas de rester dans ton amour, alors j’ai besoin de ta grâce pour m’aider à…. »

Pratiquée de cette façon, la confession est toujours changeante et toujours variée.  Elle est vivante et n’est pas seulement un devoir, mais elle est une occasion où l’on cherche de la joie.

Jean Sadouni

 

 

[1] Carlos Maria Martini, Se trouver soi-même, Brepols, Paris 1997, 116-124

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