Un « cure oreille » à Saint Pierre

Nous remercions vivement le Cercle d’Histoire, d’archéologie et de Folklore d’Uccle et environs, UCCLENSIA,
qui nous autorise à publier l’article suivant
paru dans le numéro 268 (Janvier 2018) de sa revue bimestrielle.
Ce numéro est en vente au prix de EUR 3,-.

Le cercle à son siège social au
79 de la rue du Repos – 1180 Bruxelles
(02/374 6 80)
e-mail : cercle.histoire.uccle@gmail.com

Cotisation annuelle : EUR 10,-

Le matériel archéologique
provenant de l’église Saint-Pierre à Uccle

Stephan Van Bellingen,
Musées royaux d’Art et d’Histoire

 

Note : Dans cette version du texte les notes de l’auteur ainsi que l’intéressante bibliographie ont été omises.
Nous renvoyons le lecteur intéressé à l’article original.

 

Des fouilles dans des églises sont très souvent caractérisées par l’absence de matériel archéologique; c’était également le cas à Uccle. Lors du nettoyage des tranchées ouvertes dans le sanctuaire quelques éléments archéologiques ont pu être recueillis. Il s’agit principalement de matériaux de construction comme des carreaux de pavage, des tuiles, des ardoises, quelques tessons en céramique grise, en céramique rouge, en grès et en faïence (datable entre le XIVe et le XVIIIe siècle), une épingle en alliage cuivreux et quelques clous en fer. Tous les objets archéologiques trouvés en région bruxelloise sont traités dans le laboratoire du Département Patrimoine archéologique de la DMS (fig. 17)

Dans la tranchée TR12 (couche 142) trente-trois fragments de vitraux étaient rassemblés (fig. 18). La plupart des pièces ont une largeur de 40 à 45 mm. Les bords montrent des traces de grésage et indiquent qu’on essayait d’obtenir des rectangles, des triangles et des trapèzes. Tous les éléments sont de couleur verte et ne sont pas décorés. Quelques fragments portent les traces des baguettes de plomb qui étaient utilisées pour l’assemblage du vitrail. Leurs épaisseurs irrégulières (2,5 à 5 mm) nous laissent supposer qu’il s’agit d’éléments médiévaux.(fig. 19).

 

Parmi les objets, une pièce saute immédiatement aux yeux. Il s’agit d’un objet en os, fait d’un éclat de métatarse de bœuf Le bâtonnet était obtenu en fendant l’os dans le sens longitudinal. La partie haute de l’os, plus large est d’abord transpercée pour former le cou et par après, ouvragée en forme d’une tête de licorne. Sous la tête, trois séries d’anneaux décorent le fut. La partie inférieure, qui a malheureusement disparu, était en forme de petite cuillère. On peut encore voir l’amorce de cet élément. Cet ustensile peut être interprété comme un objet de toilette : la cuillère servait de cure-oreille, tandis que la corne de la licorne pouvait servir de cure-dent ou comme un instrument pour nettoyer les ongles.

La pièce a une longueur conservée de 81,5 mm, une largeur maximale de 12 mm et un diamètre moyen de 5 mm. Des pièces semblables ont été retrouvées à Paris (Louvre), à London et à l’Abbaye des Dunes à Koksijdc. Dans la Schoytesstraat à Antwerpen l’atelier d’un artisan retrouvé en fouilles fabriquait des pièces similaires. Les différents stades de fabrication y ont été identifiés. La plupart de ces outils sont datés du XVe ou du XVIe siècle.

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