Une Unité Pastorale ?

Une Unité Pastorale est un rassemblement de paroisses de Bruxelles au service des personnes qui veulent vivre, célébrer ou approfondir leur foi chrétienne. Elle offre toute une palette des services aux catholiques, comme la préparation et la célébration des sacrements (eucharistie, baptême, mariage, confessions, etc…), la formation des chrétiens, l’entr’aide et le service aux démunis, etc…. On s’y adresse donc pour toutes les choses que toute personne, catholique ou non, est en droit d’attendre de l’Eglise locale. Dans le cadre de sa mission, elle propose également la foi chrétienne aux hommes et aux femmes de notre temps qui ne la connaissent pas.Sa fonction est donc d’assurer d’une part un service paroissial complet et de qualité à tous et d’autre part de faire en sorte que l’Eglise Catholique dans son territoire soit vivante, chaleureuse et signe du Christ Ressuscité.

Qu’est-ce que l’Unité Pastorale Boetendael ?

Le Boetendael est le nom du lieu d’implantation d’un ancien monastère de Récollets situé jadis au Sud-Ouest d’Uccle. Il signifierait le ‘Vallon des Pénitents’, bien que cette explication reste controversée.

Au point de vue territorial, l’Unité Pastorale Boetendael couvre tout le Sud-Ouest d’Uccle, délimité par l’avenue Churchil au nord, les limites de Forest et de Drogenbos à l’ouest, les limites des quartiers du Homborch et de Saint Job au Sud, et la chaussée de Waterloo à l’est (voir plan).

Cinq églises paroissiales la composent : Saint Marc (quartier Observatoire) , Saint Pierre (Uccle Centre), Saint Paul (Uccle Stalle), le Précieux Sang (Wolvenberg) et Notre Dame de la Consolation (Calevoet).

Cependant, si ses activités sont en général situées dans ce territoire, et en particulier dans les cinq églises qui s’y trouvent, l’Unité Pastorale du Boetendael est largement ouverte à toutes les personnes qui veulent s’y adresser.

Peu importent votre domicile ou votre origine, vous serez toujours bienvenus chez nous !

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D’où vient-on et où allons-nous ?

1. Rappelons-nous l’évangélisation dans l’Antiquité chrétienne. Aux origines de l’Église, saint Paul et les apôtres allèrent dans le s villes, dans les synagogues, y contactèrent les sympathisants et constituèrent de petites communautés. On y choisissait des Anciens (presbyteroi; d’où le mot « prêtre ») ou des Surveillants (episkopoi; d’où le mot « évêque »). Chaque ville avait son ancien ou son évêque, son responsable.

2. Ces communautés se développèrent, souvent parmi les gens modestes, et l’on vit se constituer de petites communautés – relais dans les quartiers périphériques et les campagnes. Celles-ci gardaient un contact étroit avec l’ancien ou l’évêque, qui résidait dans le centre de la ville (1).

3. C’est de la même façon que l’évangélisation de nos régions se fit à partir des cités gallo-romaines. Les campagnes furent évangélisées bien plus tard, notamment par les moines, bâtisseurs d’abbayes dont plusieurs devinrent des villes (p.ex. Stavelot, Gand, etc..).

4. A partir du XII/Xllle siècle, on peut vraiment dire que chaque lieu est rattaché à un responsable d’église ; c’est l’aboutissement du quadrillage géographique. Par ailleurs, tous les habitants ou presque sont des baptisés. On est en régime de chrétienté. A Uccle, p.ex., il y a une paroisse : St Pierre (créée en 804 selon la tradition). Les chapelles des hameaux et des châteaux environnants lui sont rattachées (p.ex. Boondael). Il y a donc une église paroissiale et plusieurs lieux de culte, de taille diverse .

5. Aux XIXe et XXe siècles, l’urbanisation de la région bruxelloise s’intensifie. On crée une paroisse dans chaque nouveau quartier et on y construit une église autonome, érigée en paroisse. Le territoire reste ainsi bien quadrillé. Plus de 80% de la population fréquente l’église locale ; on est encore dans un régime de « chrétienté ».

6 Aujourd’hui, avec le plein avènement de la liberté de conscience, et pour toute une série de raisons, nous avons quitté ce régime de chrétienté. Il y a moins de prêtres, mais surtout moins de pratiquants, moins de baptisés, moins de chrétiens et ceux-ci sont souvent âgés. La pratique est tombée à Bruxelles à 3 ou 5% dans la plupart des paroisses, avec des églises qui ont été construites pour 80% de pratiquants. Par contre, les pratiquants témoi­gnent généralement d’une foi plus libre, plus réfléchie, plus impliquée… On ne peut que s’en réjouir.

7 La question aujourd’hui n’est donc pas de vivre en Église avec moins de prêtres, mais avec des croyants moins nombreux, mais plus et mieux responsables de leur foi et de la vie de leur Église. Comment pouvons-nous être à la fois sel de la terre (qui discrètement donne le goût) et lu­mière du monde (cette réalité visible, ce phare qu’il ne faut pas mettre sous le boisseau) ?

8 La réponse est difficile. Celle de Mgr De Kesel, alors évêque auxilkiare pour le vicariat de Bruxelles, a été de regrouper les 109 paroisses de Bruxelles dans 27 Unités Pastorales (3 à 7 paroisses par UP)(2). Dans une Unité pastorale, on essaie de vivre ensemble, de travailler en synergie, d’annoncer l’Évangile ensemble, de célébrer ensemble. Dans notre Unité, ce sont 5 clochers ou 5 communautés qui sont rassemblés en une grande « paroisse » pour travailler ensemble. Bien des réalités d’Église sont actuellement organisées par l’Unité et son équipe pastorale d’unité : p.ex. la catéchèse, les grandes liturgies (semaine sainte, Pentecôte, Toussaint…), le catéchuménat, la récolte de vivres pour l’Entraide, les pèlerinages, l’information (avec le Trait d’union (etc.).

9. Ce changement n’est pas une chose facile pour nous : il faut que les paroissiens se déplacent physiquement et surtout mentalement. On quitte définitivement une façon de travailler avec un quadrillage absolu de tout le territoire, et des paroissiens liés exclusivement à l’église de leur quartier. On en arrive à des lieux «phares », des lieux de visibilité, où l’Église fait signe et où bien des choses sont organisées, et des lieux plus modestes, qui sont des lieux de prière, où des chrétiens portent la vie et les soucis de leur quartier.

Dans notre Unité, ces lieux de rassemblement sont deve­nus St-Pierre à cause de sa position centrale, et St-Marc à cause de ses bonnes infrastructures, et dans une moindre mesure le Précieux-Sang. Les autres clochers gardent leur vie propre, ils demeurent des lieux de culte, où de petites communautés chrétiennes se rassemblent et animent une vie chrétienne locale.

Mais si l’on sait ce que l’on quitte, ce n’est pas facile de voir où on va. Comme Abraham, nous sommes invités à nous mettre en marche, à faire confiance, à être auda­cieux…

Chacun de nous est appelé à collaborer à cette nouvelle façon de faire Église, afin de devenir ainsi « pierre vivante » pour l’édification du Corps du Christ.


 

(1) L’évêque leur envoyait, le dimanche, une parcelle de pain consacré, en signe de communion . On trouve encore la trace de cette tradition dans la liturgie actuelle.
(2) Voir sa lettre pastorale : Avenir des paroisses et présence de 1 ‘Église à Bruxelles, publiée en juin 2005.