L’Ascension – messe en unité le 30 mai à 11h en l’église Saint-Marc

Trois textes …

Marc 16
19 Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.
20 Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.
LUC 24
50 Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
51 Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
52 Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
53 Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.
ACTES 1
09 Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
10 Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
11 qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »
Le récit de l’Ascension tel que nous le gardons en mémoire, celui qui décrit les apôtres décontenancés, perdus est une certaine lecture de celui qui ouvre les Actes des apôtres et pas celui qui termine les évangiles de Marc et Luc qui au contraire transpirent la Joie et la proclamation de la Foi.

Un dessin vaut mieux que mille mots …

Sur le retable de l’église St Marc, la scène de l’Ascension, placée en haut à droite comme la dernière case d’une bande dessinée, transpire l’incompréhension, le désarroi, l’affolement devant le départ du Christ vers le Père.
Dans cette « case », un Christ, deux anges, trois apôtres et un petit personnage qui nous regarde droit dans les yeux. Qui est-il ?
Il me plait d’y voir St Marc nous disant « Avez-vous compris ? Non ? Retournez-en Galilée et reprenez tout depuis le début.»
Je sais, Marc met dans la bouche de l’ange “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” non pas ici, en fin de chapitre 16, dans la case « Ascension », mais bien en début de ce chapitre 16 dans la case « Les femmes ébahies devant le tombeau vide », 40 jours plus tôt. Et Pourtant sur le retable c’est juste la case en-dessous, celle qui précède la case « Ascension ».
En fait pour le peintre, entre ces deux « cases », rien n’a changé et l’entièreté des quarante jours du temps pascal qui vient de s’écouler semble avoir été comme un temps suspendu, un temps pour faire le deuil de la présence physique du Christ, un temps au cours duquel tellement abasourdis par la mort du maître les apôtres sont incapables, malgré tous les signes donnés, de prendre la mesure de la Résurrection.
Regardons la tête des apôtres du retable, désaccordés, perplexes, s’agitant en tous sens, désemparés. Ce sentiment est renforcé par le sol en forme de labyrinthe désordonné au contraire de celui des cases « Noces de Cana » ou « Dernière cène » bien organisés en carreaux. Mais pourtant il y a ici un germe d’espoir car dans sa structure même cette scène en rappelle une autre bien plus lumineuse.
Outre le petit St Marc qui ne fait pas réellement partie de la scène il y a trois apôtres : Pierre désigné par l’église derrière sa tête, Jean au centre que sa jeunesse désigne et puis, sans doute possible, Jacques avec sa barbe sévère et son caractère à l’opposé de celui de Jean comme le manifestent ses vêtements. Il y a le Christ au centre et deux personnages angéliques enseignants unis dans leur complémentarité (voir leurs habits) …. Ça ne vous rappelle rien ? Si !
C’est comme si sous cette scène de désarroi poignait une autre scène que ces trois apôtres n’avaient déjà pas comprise, la Transfiguration. Et ici une nouvelle Transfiguration point, celle de la Résurrection encore incomprise et c’est l’Esprit de Pentecôte, l’Esprit du Fils dira Jean qui, lorsqu’il viendra, nous permettra de la re-connaître.
On pourrait dire encore bien des choses sur ce retable mais contentons nous de laisser St Marc nous dévisager, nous dire et nous redire :
« Allez ! on reprend tout à zéro jusqu’à ce que vous ayez compris ! »

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