Porteurs de bonne nouvelle …

Et de deux …

Nous voilà à la porte de la semaine Sainte avec ce dimanche la célébration des rameaux.  Pour la deuxième fois nous allons être contraint de célébrer le Triduum Pascal et le Jour de Pâques, en communauté « éclatée ».  Notre équipe pastorale d’Unité à mis en place une répartition des célébrations dans toutes nos églises et même en visioconférence afin de donner la possibilité à un maximum de personnes de vivre ces moments qui sont au cœur de notre vie chrétienne.  Vous trouverez toutes les informations à ce sujet en cliquant ici et dans nos églises.

Cependant j’aimerais m’arrêter un instant sur ce que nous vivons, étant donné que de par mes contacts, je suis interpellé par le désarroi, les interrogations et parfois les colères qui se manifestent.

Dieu et les chiffres …

Tout d’abord je trouve ces réactions légitimes et je les partage.  Ce qui est le plus blessant, c’est la non-reconnaissance de la religion et de la vie spirituelle, par les autorités. Il faut bien le constater : Dieu n’a plus la cote !  Par contre, les chiffres, les statistiques et les graphiques sont pour leur part au premier plan. Il n’y a qu’à regarder les actualités le soir à la télévision. Chaque soir nous avons droit à une ouverture avec une annonce brève à propos de la pandémie, ensuite nous avons droit à un développement qui fait le bilan avec les chiffres, suivi d’une explication, avec des interviews d’experts qui tirent des conclusions et donnent les conseils et les recommandations d’usage en insistant sur les comportements à avoir. Bref, en quelques sorte une nouvelle forme de messe est dite ! Cela devient, il faut bien le reconnaitre un rituel que nous vivons depuis une année maintenant et qui n’est souvent pas apporteur d’une bonne nouvelle ! Alors comment vivre sa foi en cette période troublée et dans ce climat d’insécurité ?  

Devant toi la vie ou la mort, choisis la vie … (Deutéronome 30,19)

La première chose que je désire dire à ce propos, c’est que le temps que nous vivons, où nous sommes coupés de nos relations sociales, privés de possibilités de nous rassembler en communauté, limités dans nos activités sociales, peut être vécu comme un temps de grâce ou comme un temps de lamentations où nous comptons le nombre de choses qui nous sont interdites ou limitées, où nous faisons la comptabilité de ce qui se faisait et ne peut plus se faire, où nous attendons le retour du temps d’avant (comme le disait Jacques Brel dans une de ses chansons).  

En réalité, ces deux situations : celle du manque, et celle de la réalité passée qui n’est plus, sont les deux facettes d’une réalité à vivre et qui nous met en tension entre ce qui n’est plus et que nous désirons retrouver et la réalité du manque que nous ressentons. Cette sorte de polarité créé une tension existentielle qui peut pourtant être féconde.

Que tous soient un … (Jean 17, 21)

La foi a pour objet de nous unifier intérieurement par et en Jésus Christ. Cette unité est continuellement à construire, à réajuster, et nécessite le travail de l’homme.  L’antinomie que j’ai citée entre « grâce et comptabilité des manques » avec son déferlement d’affects possibles, rend compte la complexité de la réalité et ouvre à un « processus » de discernement toujours en mouvement.

Le Pape François a l’habitude de dire que « le temps est supérieur à l’espace ».  Ce principe permet de regarder les choses dans une perspective à long terme. Il nous aide à supporter avec patience les situations difficiles telles que nous les connaissons actuellement. Il nous appelle également à rester dans un processus dynamique d’espérance.

C’est une tentation bien naturelle que de vouloir maîtriser les « espaces ». S’emparer, maîtriser les espaces c’est, dans ce temps que nous vivons, chercher à se donner le pouvoir de récupérer ce que nous avons perdu, quitte à l’obtenir par la revendication. C’est aussi la tentation que nous risquons de rencontrer après cette crise, c’est-à-dire celle de vouloir revenir « comme avant », de réoccuper les espaces comme si rien ne s’était passé.  

Donner la priorité au temps c’est au contraire, prendre du recul pour initier des processus qui nous donneront la possibilité de grandir dans la foi et d’engendrer des changements pour l’avenir. 

 Dieu créa l’homme à son image, … et voici : cela était très bon. (Genèse 1, 27-31)

Dans notre Unité pastorale nous avons eu l’occasion de faire quelques belles expériences de solidarité, d’entraide sous diverses formes avec la collaboration de nouvelles personnes qui se sont engagées pour aider.

Nous avons également découvert d’autres moyens d’animation et de communication par les outils informatiques qui auront certainement un impact sur notre manière d’agir et de communiquer dans l’avenir, que ce soit dans l’animation pastorale ou dans la transmission de la foi. 

La distanciation sociale par mesure de sécurité sanitaire et la difficulté de se rassembler a curieusement créé du lien. C’est notamment ce qui se passe avec les parents de la catéchèse de notre Unité, ce qui a donné des manifestations d’engagement de la part de certains dans la pastorale.

Avec les « messes à 15 » sur invitation, notre animatrice pastorale à échangé plus de 400 appels téléphoniques donnant l’occasion d’avoir un contact totalement inhabituel avec les paroissiens et dont nous ne manquerons pas de tirer quelques enseignements pour le futur.  

Enfin, j’ai eu l’occasion de participer à un webinaire avec la participation des différents représentants des communautés religieuse dans notre commune d’Uccle (Cliquer ici pour lire l’article).  L’issue de cette rencontre fut marquée par un désir de collaborer ensemble dans l’avenir au bien commun dans notre commune.

Laissez-vous instruire … vous savez que l’été est proche. (Marc 13,28)

Je suis personnellement confiant pour l’avenir.  Alors que tout semble se limiter, une abondance de signes de l’œuvre de la providence apparaissent. Il nous faut garder la foi. Dans nos combats humains, si pénibles puissent-ils être, Dieu est toujours présent. C’est tout le sens de l’incarnation et de la passion de notre Seigneur Jésus-Christ.  

Comme chrétiens, nous sommes porteurs de l’Évangile, c’est-à-dire de la bonne nouvelle. Et cette bonne nouvelle nous apprend que c’est la Vie qui a le dernier mot à la lumière de la Résurrection de Jésus-Christ.

Je vous souhaite une belle et Sainte montée vers Pâques.   

Jean Sadouni
Responsable de l’Unité Pastorale

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